En 2025, le secteur bancaire a enregistré un nombre de défaillances supérieur à celui observé durant les quinze années précédentes. Plusieurs établissements de taille moyenne ont cessé leurs activités, alors que les grandes banques ont résisté à la vague de fermetures grâce à des mesures de soutien spécifiques.
Les rapports trimestriels montrent une concentration inhabituelle des faillites dans certaines régions, notamment en Europe centrale et en Amérique du Nord. Les données officielles révèlent une évolution marquée par rapport à 2024, avec une accélération des procédures collectives dès le premier semestre.
Faillites bancaires en 2025 : où en est-on vraiment ?
Impossible d’ignorer la tension qui secoue le secteur bancaire français. Le nombre de banques qui ont mis la clé sous la porte en 2025 ne cesse d’alimenter débats et inquiétudes. Les dernières publications de la Banque de France dressent un tableau sans détour : la multiplication des défaillances s’est accélérée dès les premiers mois de l’année. Comparé à 2024, le rythme s’est emballé. Près d’une dizaine d’établissements, souvent ancrés localement ou spécialisés, ont été placés sous administration ou liquidés.
Une observation attentive de la répartition de ces défaillances laisse voir des différences frappantes : la plupart des fermetures concernent des banques déjà fragiles, longtemps maintenues à flot par des dispositifs publics durant les crises antérieures. Que ce soit à Paris ou ailleurs, la montée des exigences réglementaires et la progression du coût du risque ont poussé à la fermeture des structures que l’on pensait solides. La majorité des annonces se sont concentrées sur le premier trimestre, avant que le deuxième trimestre n’étende la vague à des établissements intermédiaires.
Pour mieux cerner l’ampleur du phénomène, voici ce qui ressort de ces derniers mois :
- En France, le nombre de défaillances bancaires reste toutefois inférieur à celui constaté dans d’autres branches de l’économie.
- Les établissements les plus fragilisés cumulent faible rentabilité, exposition accrue à l’immobilier et dépendance à des marchés instables.
La France suit la tendance qui se dessine partout en Europe : les incertitudes montent, la méfiance des marchés s’intensifie, et les contrôles prudentiels se multiplient. Dans ce contexte, chaque nouvelle faillite bancaire ranime les discussions et l’appel à plus de transparence sur la solidité réelle des réseaux.
Quels établissements ont été les plus touchés cette année ?
La série de défaillances bancaires de 2025 n’a pas frappé au hasard. Les établissements les plus exposés, banques régionales, réseaux mutualistes, acteurs spécialisés, ont été les premiers à devoir cesser leur activité. Beaucoup étaient déjà fragilisés par une rentabilité en berne et une forte exposition à l’immobilier commercial. Les annonces de liquidations judiciaires se sont succédé, révélant la difficulté des petites structures à encaisser les chocs économiques.
Les données publiées par la Banque de France confirment que les liquidations judiciaires affectent en priorité les banques de taille intermédiaire, peu diversifiées, qui s’appuient sur un portefeuille restreint de clients professionnels. Sur les deux premiers trimestres, les procédures collectives se sont multipliées. Les établissements spécialisés dans le financement d’entreprises déjà en difficulté, ou très présents sur des créneaux industriels fragiles, ont été particulièrement exposés à cette vague de défaillances.
Voici les principaux profils d’établissements impactés :
- Dans les bassins industriels du nord et de l’est, où l’activité dépend de la santé des entreprises locales, on observe un niveau inédit de fermetures.
- Les banques impliquées dans le financement de l’agriculture et de la construction, deux secteurs durement touchés par la multiplication des défaillances d’entreprises, ont elles aussi été frappées.
Le manque de liquidités et la remontée rapide des taux d’intérêt ont accéléré la fermeture de plusieurs établissements, forçant les autorités à réajuster leurs plans de soutien. Les plans sociaux et restructurations se sont enchaînés, imposant un tempo soutenu à une actualité bancaire marquée par les ajustements forcés et les difficultés à répétition.
Panorama des causes principales derrière la vague de défaillances
Ce nombre inédit de banques ayant mis la clé sous la porte en 2025 n’est pas le fruit du hasard. L’arrêt des aides d’État après des années d’intervention, conjugué à la hausse rapide des taux d’intérêt, a fragilisé des établissements déjà en difficulté. Face à la concurrence et à des charges d’exploitation élevées, les marges ont fondu, laissant peu de marge de manœuvre face aux nouveaux chocs.
Les premiers signaux sont apparus dès le début de l’année. La Banque de France a pointé une progression continue des défaillances sur les deux premiers trimestres. Des indices comme le retrait de partenaires financiers, la nervosité des marchés ou la multiplication des audits internes sont devenus des alertes majeures pour certains établissements.
En synthèse, plusieurs facteurs clés expliquent cette accélération :
- La volatilité des marchés financiers a mis sous pression les portefeuilles d’actifs, obligeant certains acteurs à réagir en urgence.
- L’arrivée de l’intelligence artificielle dans la gestion du risque a bouleversé les habitudes, laissant de côté ceux qui n’avaient pas su anticiper ce virage technologique.
- Des professionnels comme Thierry Millon, directeur des études chez Altares, évoquent une chute brutale de la confiance et une raréfaction des liquidités disponibles.
Au fil des mois, la liste des défaillances bancaires s’est allongée. Ce mouvement révèle un changement de paradigme : les fragilités longtemps dissimulées par le soutien public apparaissent désormais au grand jour. L’industrie bancaire doit composer avec cette nouvelle réalité.
Conséquences pour l’économie et perspectives à court terme
La faillite bancaire et le nombre de banques qui ont mis la clé sous la porte en 2025 ont un impact direct sur l’économie réelle. Les défaillances signalées sur les deux premiers trimestres pèsent lourdement sur la confiance des acteurs économiques. Les entreprises, privées de crédit, suspendent leurs projets. Les particuliers, eux, voient les conditions d’accès aux prêts immobiliers et à la consommation se durcir, ce qui freine la dynamique de la demande intérieure.
Les répercussions ne s’arrêtent pas là. Sur le marché du travail, la multiplication des défaillances dans la banque débouche sur des vagues de suppressions de postes, aussi bien dans les sièges que dans les agences ou dans les services en périphérie (finance, assurance, immobilier). Les réseaux locaux, déjà fragiles, amplifient encore l’effet : dans certaines régions, la réduction des agences et des effectifs frappe des territoires où l’économie est déjà sous pression.
Voici quelques conséquences concrètes de la situation actuelle :
- Les chiffres du BIT signalent une montée du chômage dans les zones fortement bancarisées.
- Les plans sociaux annoncés par les groupes concernés créent une incertitude persistante.
- La Banque de France renforce ses contrôles pour éviter les débordements et rassurer les marchés.
Dans la capitale, les analystes scrutent le moindre signe de contagion vers d’autres secteurs dépendants du crédit. Combien d’établissements tiendront face à la contraction du financement et à la défiance qui s’installe ? Le secteur bancaire retient son souffle, attendant les prochains chiffres et le verdict de la conjoncture. Pour l’instant, la question reste entière.


