En Moselle, les salariés bénéficient de 13 jours fériés légaux contre 11 pour le reste de la France métropolitaine. Deux dates supplémentaires s’appliquent en vertu du droit local alsacien-mosellan : le Vendredi Saint et le 26 décembre (Saint-Étienne). Mais la question de ce qui est réellement chômé et payé est plus technique qu’un simple décompte de dates.
Le droit local alsacien-mosellan : ce qui s’applique en Moselle
La Moselle (département 57) fait partie des trois départements régis par le droit local alsacien-mosellan, avec le Bas-Rhin (67) et le Haut-Rhin (68). Ce régime juridique particulier est hérité de la période d’annexion allemande entre 1871 et 1918. Lorsque ces territoires ont été réintégrés à la France, leurs règles locales ont été maintenues par dérogation au droit commun.
Ce cadre spécifique ajoute deux jours fériés légaux au calendrier national. Il pose aussi un principe général d’interdiction de faire travailler les salariés les jours fériés dans les établissements industriels, commerciaux et artisanaux – sous réserve des dérogations sectorielles prévues par les textes.
Vendredi Saint et Saint-Étienne : les deux jours fériés supplémentaires
Le Vendredi Saint, premier des deux jours spécifiques à l’Alsace-Moselle, ne s’applique pas uniformément à toute la Moselle. Il est férié uniquement dans les communes disposant d’un temple protestant ou d’une église mixte. Pour les salariés travaillant dans une commune sans ces équipements religieux, ce jour n’est pas légalement férié.
Le 26 décembre, dit Saint-Étienne ou « deuxième jour de Noël », s’applique lui à l’ensemble du département. En 2026, il tombe un samedi, ce qui réduit son effet pratique pour les salariés dont le repos hebdomadaire coïncide avec ce jour.
- Le Vendredi Saint en 2026 tombe le vendredi 3 avril – il prolonge automatiquement le week-end de Pâques en un pont de quatre jours consécutifs pour les salariés concernés.
- Le 26 décembre (Saint-Étienne) est systématiquement férié pour tous les salariés du département, quel que soit leur secteur, à condition qu’aucune dérogation au chômage ne s’applique.
- Les 11 jours fériés nationaux restent intégralement valables en Moselle, sans modification de leur statut.

Chômage et rémunération : ce que le droit local prévoit concrètement
Un jour férié chômé en Moselle n’est pas automatiquement payé dans toutes les situations. En droit commun, une condition d’ancienneté de trois mois est requise pour le maintien du salaire lors d’un jour férié chômé – une règle qui peut aussi jouer pour les salariés en Moselle, notamment les nouveaux embauchés. Les salariés temporaires font l’objet d’exceptions spécifiques à ce principe.
Pour un jour férié travaillé, la situation est distincte. Seul le 1er mai travaillé ouvre droit à un doublement automatique du salaire, y compris en Moselle. Pour les autres jours fériés travaillés, une majoration ou un repos compensateur dépend des conventions collectives ou accords d’entreprise applicables. Le droit local ne garantit pas automatiquement une majoration de salaire pour les jours fériés supplémentaires travaillés par dérogation.
Secteur d’activité et dérogations : les cas où le travail reste possible
Le principe d’interdiction de travailler les jours fériés en Moselle connaît des dérogations sectorielles. Certains secteurs peuvent obtenir des autorisations de travail les jours fériés : l’hôtellerie-restauration, les hôpitaux, les transports ou encore les commerces autorisés à ouvrir le dimanche entrent dans les catégories susceptibles d’être concernées. Dans ces cas, l’applicabilité du chômage et les modalités de rémunération doivent être vérifiées au regard des accords de branche ou d’entreprise.
La convention collective applicable reste donc le premier document à consulter pour tout employeur ou salarié en Moselle. Elle peut prévoir des conditions plus favorables que le minimum légal, mais aussi préciser les modalités concrètes de compensation lorsqu’un jour férié est travaillé.
Tableau des 13 jours fériés applicables en Moselle en 2026
| Jour férié | Date 2026 | Spécifique Moselle |
|---|---|---|
| Jour de l’An | Jeudi 1er janvier | Non |
| Vendredi Saint | Vendredi 3 avril | Oui (communes concernées) |
| Lundi de Pâques | Lundi 6 avril | Non |
| 1er mai | Vendredi 1er mai | Non |
| 8 mai | Vendredi 8 mai | Non |
| Ascension | Jeudi 14 mai | Non |
| Lundi de Pentecôte | Lundi 25 mai | Non |
| 14 juillet | Mardi 14 juillet | Non |
| Assomption | Samedi 15 août | Non |
| Toussaint | Dimanche 1er novembre | Non |
| 11 novembre | Mercredi 11 novembre | Non |
| Noël | Vendredi 25 décembre | Non |
| Saint-Étienne | Samedi 26 décembre | Oui |
Ce que la convention collective change pour les salariés mosellans
Le droit local fixe un plancher : 13 jours fériés légaux, chômage de principe, droit à maintien de salaire sous conditions. Mais c’est la convention collective de branche, ou l’accord d’entreprise, qui détermine l’essentiel des conditions concrètes : taux de majoration pour travail un jour férié, attribution d’un repos compensateur, traitement des jours fériés tombant un dimanche ou pendant les congés payés.
Un jour férié qui tombe pendant une période de congés payés pose une question spécifique. En droit commun, le salarié ne perd pas ce jour de congé – le jour férié est déduit et le congé reporté d’autant. Le droit local alsacien-mosellan maintient ce principe pour les jours fériés supplémentaires, mais l’application précise peut varier selon les accords applicables dans l’entreprise.
La journée de solidarité, enfin, suit en Moselle les mêmes règles qu’ailleurs en France. Ses modalités d’accomplissement sont fixées par convention ou accord d’entreprise ou d’établissement, ou à défaut par accord de branche – le droit local ne crée ici aucune dérogation particulière.
Pour les salariés dont le contrat relève d’une branche sans accord spécifique sur les jours fériés travaillés, la base reste le Code du travail complété par le droit local : absence de majoration légale automatique hors 1er mai, mais interdiction de principe de faire travailler sans dérogation valable.

